Cette histoire et tous les personnages qui y figurent sont issus de l’imagination. Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé serait fortuite.

On s’était vu, nous avions échangé des regards, des sourires. Nous avions sympathisé, nous avions commencé à échanger des messages, à passer du temps ensemble, s’en sont suivies des rencontres, de l’étape d’amis nous sommes passés à celle d’amants, nous étions si heureux ensemble, mes yeux ne brillaient que pour lui et vice-versa.

J’étais convaincue qu’il était la bonne personne. Il n’arrêtait pas de me répéter que je suis la femme de sa vie, que j’étais la femme dont il avait toujours rêvé qu’il ne pouvait pas espérer mieux que moi. Tous deux, nous étions animés par l’esprit de partage, d’équipe, de soutien ce qui nous avait amené à créer notre fondation. Nous avions travaillé ensemble et tout allait comme nous le souhaitions. Mais nous devrions faire face aux obstacles, il fallait affronter ma famille notamment ma mère qui n’arrêtait pas de me dire qu’elle n’aimait pas la tête de mon amoureux. J’ai essayé d’en connaître la raison mais elle ne m’en a jamais donné. Étais je aveuglée par l’amour? Ou étais-je naïve? Je ne saurais le dire mais la seule chose dont j’étais sûre c’est que j’aimais Rodolphe et que dans ma tête c’était lui, lui et encore lui. Ainsi donc le 14 février 2016, nous nous sommes dit oui devant Dieu et devant les hommes à la mairie de Lomé. J’étais la femme la plus heureuse du monde ce jour-là.
“Heureuse la femme qui peut être connue à fond et se donner tout entière. ” disait Paul Claudel .

Quelques temps après notre union, j’étais tombée enceinte de nos jumelles, c’était la fête à la maison. nous l’avions célébré comme il se doit. Nous vivions toujours heureux jusqu’au jour de la naissance de nos enfants. Quelques semaines après mon accouchement, les choses ont commencé à changer, mon mari rentrait tardivement à la maison sans donner de raisons. Mon devoir d’une bonne épouse m’amenait à lui poser des questions pour mieux comprendre ce nouveau comportement que je ne lui connaissais pas. Il m’a fait savoir que sa société est en faillite et qu’il craint ne plus pouvoir répondre aux besoins de notre famille, (qui s’était agrandi entre temps puisque qu’il a crée sa société tout en gérant notre fondation.) Je l’ai rassuré que dès que je reprendrai des forces, je l’assisterai financièrement pour qu’il ne soit plus le seul à ramener de l’argent à la maison. Trois mois plus tard, je lui annonçai que j’étais prête à travailler de nouveau. Il a juste dit « okay ». À mon retour sur notre lieu de travail, je me suis rendue compte que mon bureau était occupé par de nouvelles personnes (sans que je ne sois informée). Je me rends dans le bureau de mon mari pour avoir des explications. Il m’annonça qu’il ne veut plus de moi au bureau et que ma place se trouve à la maison auprès des enfants. On  se retrouve dans une conversation que voici :

Moi: Je travaillais avant que nous nous rencontrions et je vais continuer par travailler.

Lui: Il répliqua d’un ton sec qu’on verra bien, si c’est lui le décideur de la famille ou si c’était moi.

Je suis rentrée à la maison en me sentant humiliée et blessée avec des larmes aux yeux. À qui raconter ce scandale (oui je le considère comme un scandale) à ma mère? Non elle me dirait juste je t’avais prévenue ma fille tu n’as pas voulu m’écouter alors…..
Trois jours plus tard, je ne supportais plus de passer toute la journée à la maison et à passer mon temps à changer les couches de mes bambins. J’avais donc décidé de me trouver un job en secret. J’ai réussi à en trouver. Je faisais tout pour rentrer à temps et assurer mes devoirs d’épouse et de mère jusqu’au jour où tout a basculé.

Le jour où tout a basculé

Un après-midi, je rentre du boulot. À ma grande surprise, mon mari était rentré avant moi. Vu la mine qu’il a fait à ma vue, j’ai deviné qu’il était au courant de tout. Le temps que j’ouvre la bouche pour m’expliquer, il a commencé à me ruer de coups. J’avais l’impression de rêver, car l’homme dont j’étais amoureuse, n’oserait jamais lever la main sur moi. Qu’est il donc arrivé à mon Rodolphe qui m’aimait tant? L’amour qu’il a pour moi aurait il disparu? As t’il oublié que j’étais celle dont il a toujours rêvé? Tant de question sans réponses. J’ai pleuré toutes les larmes de mon âme, et la dernière chose qu’il m’a dit ce soir était de choisir entre lui et ma vie épanouie. Tellement je l’aimais que je ne voulais pas le quitter, et même si je le quittais je ne pourrai pas retourner à la maison familiale, pire mon job actuel ne me permettait pas de louer une maison et y vivre avec mes filles. Je ne voulais pas non plus que mes enfants souffrent de notre séparation. Que nos filles grandissent dans une famille monoparentale. Je ne voulais pas qu’elles manquent d’amour. J’ai donc passé 7 ans de ma vie à subir toutes formes de violences de la part de mon mari : insultes, coups et blessures, etc.

J’avais peur de divorcer parce que dès mon jeune âge, la société m’a inculquée des stéréotypes selon lesquels une femme au foyer doit sacrifier sa vie pour son mari et ses enfants. Une femme qui quitte son foyer est mal vue et jugée. Une femme qui raconte ses problèmes personnels à autrui est traitée de traître parce que la culture exige que le linge sale se lave en famille et j’en passe.